“L’exorcisme d’Emily Rose”, tout simplement diabolique…
Longtemps j’ai pensé que “l’Exorciste“, de William Friedkin (1973), resterait pour l’éternité le plus angoissant film d’épouvante mettant en oeuvre des forces diaboliques. Ce film reste toujours pour moi l’un des dix meilleurs films d’horreur de l’histoire, mais quand sort “l’Exorcisme d’Emily Rose” en 2005, on doit se rappeler que les limites sont toujours faites pour être repoussées, que ce soit en sport ou en art dramatique…
Dirigé par Scott Derrickson, encore peu connu mais talentueux réalisateur à qui ont doit notamment le très efficace “Hellraiser : Inferno” et le récent “Le jour où la Terra s’arrêtera”, “Emily Rose” entre de plain pied au panthéon des films d’épouvante par une réalisation sobre et des acteurs réalistes au possible. A commencer par la jeune Emily, campée par une Jennifer Carpenter impressionnante de vérité (actrice que l’on retrouve dans la série “Dexter”), jeune fille de milieu modeste et possédée par des forces surnaturelles au point de subir un exorcisme dont elle ne sortira malheureusement pas vivante. Ne vous attendez pas dans ce film à une débauche d’effets spéciaux ou d’emphases mal à propos dans les dialogues, mais plutôt à des scènes impressionnantes par leur force et leu réalisme (Emily dans sa chambre subissant ses premières attaques, celle où elle se réfugie dans l’église, ou celle, véritablement d’anthologie, de l’exorcisme). Sans vouloir spoiler (c’est-à-dire vous dévoiler l’histoire), on peut résumer le film ainsi : un procès s’engage dans lequel un prêtre exorciste, le père Moore, est accusé d’avoir provoqué la mort d’une jeune fille prétendûment possédée. Il est assisté dans sa défense par une jeune ténor du barreau, aussi séduisante que redoutable, dont les convictions et l’incroyance seront sérieusement ébranlées (elle subira la nuit l’attaque de forces obscures). Le film est donc construit sur la trame classique d’un procès passionnant, avec sa cohorte de témoignages à charge ou à décharge du prêtre, mais avec de nombreux flash-back sur les mésaventures d’Emily l’ayant conduite à l’exorcisme final. L’ambiance du film se devait donc d’être lourde, pesante, pour maintenir le spectateur dans l’angoisse et l’incertitude, et ça, Scott Derrickson y arrive parfaitement par une mise en scène soignée et l’implication saisissante d’acteurs au bord de l’état de grâce. Aucune réponse n’est véritablement apportée sur la véracité de la possession d’Emily Rose, chacun pourra interpréter le rôle du prêtre selon ses croyances propres… Je vous le dis, ce film est diabolique ; je l’ai fait découvrir à plusieurs personnes de mon entourage, qui en sont ressortis fortement impressionnés… D’autant plus diabolique que le scénario du film est tiré de faits réels qui se sont déroulés dans les années 70. En cliquant ici, découvrez un article (en anglais) du calvaire réel de la jeune Emily.