“Avatar” (jeu vidéo) : la grosse déception de fin d’année
Dans la catégorie “grosse déception” ou “arnaque de fin d’année”, je déconseille fortement l’achat du jeu vidéo “Avatar“, ou plus exactement du jeu pompeusement intitulé “James Cameron’s Avatar : The Game”…
Annoncé sur tous les écrans à grands coups de pubs et de grosse caisse (pour ne pas dire au canon de 100 mm !), ce jeu déboule dans les bacs à quelques jours de Noel de manière concomittante à la sortie du film de Cameron, “Avatar”. Mais si le film vaut ses 10€ avec ses deux heures quarante, son avalanche d’effets spéciaux et son ambiance splendide, le jeu en revanche risque de créer quelques déconvenues en guise de cadeau de Noel…
La ficelle était trop grosse : un block-buster sur nos écrans pour Noel signé d’un nom prestigieux (James Cameron…), et hop, Ubisoft pensait nous amadouer (et surtout débourser 70 €, j’insiste) avec son jeu !…
Hélas, les exemples dans le passé sont nombreux de jeux qui, en s’appuyant sur des superproductions ou en s’inspirant de grosses productions cinématographiques, pensaient pouvoir s’affirmer et devenir un “grand” jeu. Le dernier en date, QUI LUI EST UNE VERITABLE DAUBE, c’est Terminator Renaissance. Un titre accrocheur certes, mais surtout une atroce déception : durée de vie insultante (de l’ordre de 4 heures), jouabilité médiocre, graphismes très moyens, autant d’arguments pour crier au scandale!!
“Avatar” n’est pas véritablement LA daube de fin d’année, non, sûrement pas, mais quelle déconvenue : campagnes ennuyeuses pour ne pas dire rébarbatives, durée de vie faiblarde, décors répétitifs et lassants, gameplay mou, intérêt du scénario proche du zéro absolu, véhicules incontrôlables, ennemis idiots, combats copiés/collés (on court, on frappe, on court, on frappe, on court, on frappe…), étrangeté de certaines armes (pourquoi le lance-flammes ne fout pas le feu réellement comme dans certains vrais jeux vidéos?), nombreux bugs (ça, c’est plus ennuyeux !), etc.
J’arrête là la longie litanie de défauts. “Avatar” a surtout fait l’objet d’un battage médiatique hors-norme, Ubisoft croyant s’en tirer en bon compte en s’adossant sur le film ; mais dans ce jeu, tout est raté, désespérément raté. Ce qui était au départ une ambition louable s’est transformé pour notre plus grand cauchemar (et celui de notre porte-monnaie) en quasi-arnaque assumée par tout le monde !
A celui ou celle qui cherche un jeu de dernière minute à offrir à son ado préféré, réfléchissez pâr deux fois avant de dilapider 70€, sachant qu’à ce prix-là, vous pourrez facilement vous ouvrir trois jeux vidéo d’occasion du genre : Far Cry 2 (20/25 €), Dead Space (20€) ou Mass Effect (15/20 €). A vous de voir !
Une petite vidéo du jeu quand même (vous voyez, je suis pas si méchant !)…
“Mass Effect” (XBOX360) : le flamboyant jeu de science-fiction aux allures de space-opera !
Sorti en 2007, “Mass Effect” est un jeu de rôle (RPG : role playing game) d’aventure et de science-fiction développé par les talentueux studios Bioware. Bioware est connu pour avoir donné au RPG ses plus belles lettres de noblesse, notamment par le cultissime Baldur’s Gate (1999) qui révolutionna le genre, en passant par “Neverwinter Nights”, “Jade Empire” et surtout par le petit dernier : ”Dragon Age : Origins” (2009).
“Mass Effect” est un space-opera, ce sous-genre de la science-fiction dont des longs-métrages comme “La guerre des étoiles” ou “Dune” sont de fiers représentants. Mis en scène de manière spectaculaire et crédible à l’instar de grosses productions cinématographiques et doté d’un scénario profond, ce jeu mise sur une immersivité de tous les instants, et ce, dès la première mission (je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler !). La force de “Mass Effect”, outre un scénario solide et une mise en scène efficace donc, réside aussi dans des graphismes inspirés (malgré parfois une certaine répétitivité dans les décors intérieurs), un rythme qui ne faiblit jamais et surtout, une bande-son phénoménale et des dialogues ciselés à l’extrême ! Car s’agissant d’un jeu de rôle, les dialogues se devaient d’être subtils et recéler des nuances que le joueur doit apprendre à découvrir au fil du jeu et de l’évolution de son personnage, pour orienter le scénario et l’histoire à sa guise. Alternant scènes de tir intenses à la troisième personne (ce jeu est aussi un TPS : third personn shooter, où la vue est dite “objective”, c’est-à-dire que l’on voit le personnage de dos, presque entièrement) à travers galaxies et planètes, et passages nettement plus reposants de dialogues et de promenades quasi digestives dans la belle Citadelle, “Mass Effect” met en scène quantités de races extraterrestres aux intentions plus ou moins troubles dans un espace politique fédéré et apaisé – du moins en apparence – auquel on croit volontiers, et les hommes eux-mêmes qui pensent avoir un rôle à jouer pour le bien de la galaxie. Comme je le disais, le scénario est dense, cohérent et complexe, avec un certain nombre de révélations ou de rebondissements que le joueur provoquera selon la manière dont il infléchit les dialogues. Du reste, “Mass Effect” est annoncé en réalité depuis le départ par l’éditeur comme une trilogie, c’est-à-dire qu’à ce premier jeu dont je vous parle succèderont en 2010 une suite, “Mass Effect 2″, et un troisième opus en 2011 ou 12 !
Mention spéciale également pour la durée de vie du jeu, appréciable : compter une bonne trentaine d’heures pour terminer la campagne solo une première fois en entier (toutes quêtes annexes effectuées), sachant que le mission principale elle-même vous occupera une quinzaine d’heures ; sans parler de la rejouabilité du jeu qui est importante.
Allez, je n’en dis pas plus : deux petites vidéos de “Mass Effect” ci-dessous pour vous permettre de découvrir ce jeu, que l’on peut trouver maintenant à moins de 15€ d’occasion… une bonne idée de cadeau pour Noel !
“Sunshine”, signé du génial Danny Boyle
En 2007, Danny Boyle signe, dans un registre qu’on ne lui connaissait pas, un film de science-fiction proprement hallucinant : “Sunshine”. Jusque là, Danny Boyle était plutôt connu pour avoir réalisé le remarquable film d’horreur “28 jours plus tard” (vus savez, ce film où une infection se répand sur l’Angleterre en transformant en enrageux furieux tous ceux qu’il infecte) et surtout “Trainspotting” (1996), cette comédie noire déjantée nommée aux Oscars. On doit aussi citer “La plage“, film d’action surprenant ménant en scène Leonardo Di Caprio et notre belle Virginie Ledoyen (2000). Danny Boyle est désormais très connu pour “Slumdog Millionaire”, qui remporté la bagatelle de 8 oscars en 2009.
Pour en revenir à “Sunshine”, quelle surprise ! Ce film de SF, avec en acteurs principaux, entre autres, Cillian Murphy (déjà acteur vedette de “28 jours plus tard”) et la jolie Rose Byrne, est un véritable plaidoyer pour le courage et le sacrifice avant tout. Le résumé : une équipe de scientifiques à bord d’un vaisseau spatial part à la rencontre de notre bon vieux Soleil, menacé d’extinction sous quelques décennies, pour lui injecter un bon paquet de bombes nucléaires. Une première expédition avait échoué, et cette seconde expédition réussira… mais à quel prix !
Le scénario est classique, et on pouvait s’attendre à un “Armageddon” (Bruce Willis) de plus, bref, à un bon film d’action teinté de SF. Mais la comparaison s’arrête là ! Désolé Michael Bay : tu n’auras jamais le génie et la sensibilité de Boyle ! En effet, “Sunshine” est avant tout une formidable aventure humaine, émouvante, tragique. Doté d’une bande-son magnifique, le film sidère par une mise en scène redoutable, la fragilité de ses acteurs, étonnament humains et en lutte constante pour ne pas sombrer dans la folie, et la dimension spirituelle du message (l’homme se retrouvant face-à-face avec ce qui peut être considéré comme son créateur : le Soleil). En ce sens, “Sunshine” s’apparente à une quête initiatique, un voyage quasi religieux, dont on ne peut sortir indemne au bout du compte, que ce soit pour les acteurs ou le téléspectateur lui-même.
Ce genre de film est de ceux qui remuent les tripes et nous forcent à réfléchir un peu sur notre condition humaine, nos peurs, nos fantasmes, nos capacités, nos limites.