“See no evil”, la peur primale…
“See no evil”(que l’on pourrait traduire par “regarde pas le diable”) est un film qui mérite le détour à bien des égards. Commençons déjà par le réalisateur : Grégory Dark, dont le nom sonne creux aux oreilles des fans de films d’horreur. Et pour cause : G. Dark est davantage connu pour avoir oeuvré dans les années 80 et 90 dans le milieu porno (en tant que réalisateur) ! A l’origine de plus de 50 films tous styles confondus, on peut dire que Gregory Dark a réussi sa reconversion du porno au cinéma ordinaire. En second lieu, “See no evil” propose une distribution inhabituelle en la personne de Kane, catcheur connu de la WWE, véritable colosse qui joue le rôle d’un psychopathe brutal et sadique. Car le film est avant tout un slasher, sous-catégorie de films d’horreur qui mettent typiquement en scène des adolescents en prise à un tueur en série ou un croquemitaine : la série des “vendredi 13″, des “Scream” et autres “Urban Legend”, sans oublier évidemment l’efficace et terrifiant ”Massacre à la tronçonneuse” de Tobe Hooper.
Si l’histoire de “See no evil” est assez tirée par les cheveux (en gros : une bande de jeunes délinquants sont envoyés dans un hôtel délabré pour le restaurer en guise de réinsertion et de libération éventuelle, et évidemment, un psychopathe rôde dans les murs et les recoins de cet hôtel…), on retiendra de ce film : l’ambiance oppressante, le jeu de caméras esthétique, les couleurs pourrissantes et ocres des lieux, les scènes de meurtre paticulièrement atroces et inventives (les chiens qui viennent bouffer les victimes pour les achever et surtout le coup du téléphone portable qu’une malheureuse doit avaler !), les apparitions diaboliques du serial-killer ponctuées de nombreux flash-back sur son enfance martyrisée et des thèmes sonores toujours adaptés à la situation. “See no evil” relègue presque en seconde division les slashers traditionnels dont on nous avait bien gavé, il faut le dire, ces dernières années (“Souviens-toi l’été dernier”, “Mortelle Saint-Valentin”…) et impose un style nouveau, mélange de survival-horror propre aux ambiances de certains jeux vidéo et d’épouvante réaliste, tout en restant tout de même un pur slasher dans sa conception et sa clientèle. Un ancien réalisateur de porno qui se lance dans le film d’horreur, ça n’était pas gagné, et pourtant : ça le fait plutôt bien ! A noter que ce film pourtant distribué par Lions Gate (les cinq “Saw”…), n’a pas reçu de mon point de vue le niveau d’accueil qu’il méritait (pas un seul prix à ma connaissance) de la part des critiques de cinéma. C’est bien dommage ! Avec son ambiance glauque et horrifique à souhait, il n’est pourtant pas passé inaperçu pour les vrais fans, je peux vous l’assurer, et ce petit billet que je lui réserve est l’encouragement que je vous donne pour le visionner. Bons frissons ! Et avant de partir en vacances, si vous allez à l’hôtel, n’oubliez pas de vous renseigner un peu sur son histoire, sait-on jamais…